Paris, le 30 janvier 2026
Madame, Monsieur,
Nous sommes 40 collectifs et associations de riverains représentant tous les arrondissements de Paris. Nous attendons de la prochaine équipe municipale qu’elle considère la protection de notre santé et de notre sommeil comme une priorité d’action.
Nous n’avons pas la force de lobbying d’une organisation professionnelle ni les moyens de financer des enquêtes IFOP mais nous portons, sans doute possible, les aspirations d’une très grande majorité de vos électeurs : tous les Parisiens, enfants, adolescents, adultes, jeunes et moins jeunes qui étudient et travaillent dans la journée, tous aspirent à bien dormir la nuit et pouvoir se reposer en fin de semaine.
Dans une ville particulièrement dense comme Paris, la lutte contre la pollution sonore environnementale est devenue un enjeu majeur de santé publique. Parce que dormir est indispensable pour vivre en bonne santé, nous demandons que la protection du sommeil des habitants de Paris soit aujourd’hui une priorité.
Si la municipalité sortante a réussi à réduire la pollution atmosphérique et la pollution sonore diurne en agissant sur le trafic routier, elle a fortement contribué à aggraver la pollution sonore nocturne en soutenant le développement non régulé des bars, des terrasses et de lieux publics ouverts aux dérives nocturnes. Pour plusieurs milliers de Parisiens, le solde pour leur santé est négatif.
Le questionnaire que nous vous adressons est destiné à faire connaître vos positions et vos engagements en matière de protection de notre santé et de notre sommeil. Il est rapide à compléter, les questions appellent des réponses simples par oui ou par non. Un commentaire peut être ajouté si vous le souhaitez.
En fin de questionnaire, nous vous invitons à décrire les trois actions structurantes prioritaires que vous envisagez de mettre en œuvre, en précisant le critère choisi pour en mesurer le résultat.
Nous ferons une restitution des réponses reçues aux Parisiens et à la presse lors d’une réunion publique prévue le 12 mars.
Respectueusement.
Bertrand Lukacs pour les collectifs et associations signataires
Questionnaire : version Word, version pdf
Liste des signataires :
- ADDM 18 (Association de Défense de Montmartre et du 18e)
- Assactive
- Association des Habitants du Quartier Ramey
- Association des riverains du canal Saint Martin
- Association des Riverains du Parc de la Villette
- Association Les Riverains de la Butte aux Cailles
- Association Marais-Louvre
- Association Pour une Ville Souhaitable
- Association Réseau Vivre Paris
- Association SOS Bruit Paris 6e
- Collectif Basfroi Riverains 11
- Collectif Baudin Saint-Sébastien
- Collectif Clichy-Blanche
- Collectif d’habitants et commerçants du quartier Edgar-Quinet
- Collectif des Riverains de la Cour des Petites-Écuries
- Collectif des Riverains de la rue Princesse
- Collectif des Riverains Paradis
- Collectif du calme!
- Collectif Greneta-Goldoni
- Collectif Jean-Pierre Timbaud – Roget Linet
- Collectif Léon Frot
- Collectif Les Amis du Quartier Saint-Thomas d’Aquin
- Collectif Mac Mahon-Montenotte
- Collectif Nuisances Sonores Saint-Merri
- Collectif Place des Abbesses
- Collectif Riverains du 11°
- Collectif Riverains rue Jean-Macé
- Collectif rue Marie et Louise
- Collectif rue de Lappe
- Collectif rue Sedaine
- Collectif Trudaine
- Comité du Square Robert-Montagne
- Déclic 17-18 (Association des quartiers Place Clichy, avenue de Clichy et de Saint-Ouen)
- Comité Franz Liszt-Magenta
- Demain La Chapelle
- Droit Au Sommeil Paris 11
- Droit Au Sommeil Paris 18
- Villa Saint-Maur
- Vivre Boulevard de Strasbourg – Faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin!
- XVIème Demain
Le sommeil joue un rôle essentiel en matière de santé publique et le bruit est reconnu comme étant le premier facteur environnemental le perturbant. Dans l’étude SOMNIBRUIT publiée ce jour, les équipes scientifiques de Bruitparif, de l’Observatoire régional de santé (ORS Île-de-France), département santé de l’Institut Paris Region, et de l’unité de recherche Sommeil-Vigilance-Fatigue (VIFASOM) co-dirigée par le Pr Damien Léger de l’Université Paris Cité, en association avec la Ville de Paris, ont montré le lien entre l’exposition au bruit environnemental la nuit et les troubles chroniques du sommeil. (voir notre synthèse)
Le sommeil est une fonction vitale qui détermine l’équilibre physiologique, psychologique et social d’un individu et renseigne sur sa santé et la qualité de sa vie. Il est aujourd’hui un enjeu de santé majeur en France.
Un sommeil de quantité ou de qualité insuffisante peut avoir des retentissements importants sur la santé, notamment des conséquences sur la qualité de vie des individus, voire interviennent dans l’émergence de pathologies graves. Il a ainsi été démontré qu’une dette chronique de sommeil est associée à une augmentation du risque de surpoids voire d’obésité, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, d’anxiété, de dépression, de somnolence et d’accidents, notamment au travail. Au-delà des conséquences sur la santé individuelle, les dysfonctionnements qui affectent le sommeil ont aussi des retentissements sur la collectivité, notamment dans les dimensions sociales et économiques. Dans le domaine particulier de la santé publique, le sommeil tient un rôle majeur lorsqu’il s’agit par exemple de l’organisation du travail (singulièrement le travail de nuit), de l’accidentologie routière ou encore des capacités d’apprentissage des jeunes.
L’Île-de-France est la région la plus concernée par les problèmes de sommeil.
Le bruit récréatif (principalement issu des voix et de la musique) se manifeste surtout en soirée (18h-22h) et en début de nuit (22h-02h), les terrasses permanentes restant ouvertes jusqu’à 2h du matin et les terrasses estivales jusqu’à 22 h (de 2021 à 2024) ou 23 h (en 2025), tandis que le bruit des clients peut se prolonger dans la rue après la fermeture des établissements. Une étude menée par Bruitparif en 2022 dans le quartier parisien des Halles–Beaubourg–Montorgueil a montré que le bruit récréatif tend à augmenter au fil de la soirée, atteint un pic vers minuit, puis diminue progressivement à mesure que les clients quittent les lieux. Ce type de bruit pourrait être particulièrement nuisible au sommeil.

Taux d’établissements festifs (restaurants et débits de boissons), par commune, pour 1000 habitants, par commune

Taux de population, à l’échelle de la commune, en situation de dépassement des recommandations OMS (pollution sonore d’origine récréative)
La comparaison entre ces deux cartes est claire et sans appel. L’ensemble de la ville de Paris est en dépassement des seuils recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ce dépassement est directement lié à la densité du nombre d’établissements récréatifs (bars essentiellement et restaurants) : entre 5 et 45 pour 1 000 habitants pour la quasi-totalité de Paris.
Le bruit récréatif, quant à lui, est particulièrement localisé dans Paris intra-muros qui concentre 54% des établissements identifiés sur l’ensemble de la zone d’étude. C’est un bruit particulièrement sensible pour le sommeil, car présent essentiellement en soirée et en début de nuit, au cours de la période dévolue à l’endormissement des riverains d’établissements
En termes de santé publique, ces résultats renforcent la nécessité d’intégrer la problématique du bruit dans les politiques de prévention des troubles du sommeil et de promouvoir une meilleure prise en compte des nuisances sonores en milieu urbain sans les limiter au seul bruit des transports.
Voir également:
– Nos propositions de mesures pour réduire l’impact de la pollution sonore récréative
– Des exemples de réduction de la pollution sonore récréative en France et en Europe
– Notre synthèse de l’étude SOMNIBRUIT
– Note de synthèse – Conseil National du Bruit : Bruit récréatif extérieur nocturne – Loi-cadre pour la pollution sonore environnementale – Dr Bertrand Lukacs – APVS (Décembre 2025)
La pollution sonore est la deuxième cause de mortalité après la pollution atmosphérique. Elle est la cause de troubles du sommeil et est un enjeu de santé publique. A Paris les activités récréatives sont la source majeure de pollution sonore. Il est de la responsabilité de la ville de protéger la qualité de vie des habitants et de leur sommeil. Voici nos propositions à l’intention des candidats aux prochaines élections municipales.
- Mesures réglementaires et urbaines
- Encadrement des terrasses :
- Limitation des horaires :
- Retour à une fermeture à 22h (comme avant 2021) pour les terrasses estivales.
- Interdiction des terrasses après 00h (au lieu de 2h) dans les zones résidentielles.
- Réduction de la taille :
- Limiter l’emprise au sol en cohérence avec l’espace intérieur.
- Espacement minimal entre les terrasses pour éviter les effets de cumul.
- Obligation de déclaration :
- Recensement exhaustif des terrasses.
- Sanctions pour les établissements non déclarés.
- Interdiction absolue de servir des clients debout sur l’espace public.
- Contrôle du bruit :
- Normes acoustiques :
- Limiter le niveau sonore à 40 dB(A) en façade des logements (recommandation OMS).
- Utilisation de capteurs sonores en temps réel pour alerter en cas de dépassement (ex. : système Bruitparif).
- Isolation phonique :
- Obligation pour les établissements afin d’installer des cloisons absorbantes ou des vitrages anti-bruit.
- Obligation de fermer les portes/fenêtres après 22h si musique amplifiée.
- Normes acoustiques :
- Aménagement urbain :
- Zones tampons :
- Création d’espaces verts ou de barrières végétales entre les terrasses et les logements.
- Règles d’urbanisme :
- Interdiction d’ouvrir de nouveaux bars/restaurants à proximité immédiate des habitations.
- Zones tampons :
- Mesures comportementales et sensibilisation – campagnes de sensibilisation :
- Pour les établissements :
- Formation des gérants sur les bonnes pratiques (ex. : baisser la musique après 22h, limiter les groupes bruyants en terrasse).
- Affichage obligatoire des horaires et niveaux sonores autorisés.
- Pour les clients :
- Messages incitant à réduire le bruit après 22h (ex. : « Respectez le sommeil des riverains »).
- Pour les établissements :
- Régulation :
- Fin des subventions aux Pierrots de la Nuit
- Participation des associations ou collectifs aux comités de régulation des débits de boisson dans chaque arrondissement
- Participation des associations ou collectifs aux comités locaux de lutte contre le bruit dans chaque arrondissement
Ces mesures devront faire partie de la politique de la nuit de la prochaine équipe municipale. Il en va de la qualité de vie des Parisiens et notamment celle de leur sommeil.
Voir également:
– Le sommeil : enjeu de santé publique majeur
– Des exemples de réduction de la pollution sonore récréative en France et en Europe
– Notre synthèse de l’étude SOMNIBRUIT
– Note de synthèse – Conseil National du Bruit : Bruit récréatif extérieur nocturne – Loi-cadre pour la pollution sonore environnementale – Dr Bertrand Lukacs – APVS (Décembre 2025)
Quelques exemples concrets de villes en France et en Europe qui ont mis en place des mesures efficaces pour réduire la pollution sonore nocturne liée aux activités récréatives, avec des résultats tangibles.
La ville de Paris pourrait s’inspirer de ces exemples vertueux pour améliorer la qualité de vie des Parisiens et notamment celle de leur sommeil.
1. Lyon
Problème : Bruit intense dans le Vieux Lyon et la Presqu’île, surtout l’été.
Mesures mises en place :
- Arrêté municipal (2022) :
- Interdiction des terrasses après minuit dans le Vieux Lyon.
- Limitation à 60 dB(A) pour la musique en terrasse (contrôles par la police municipale).
- Obligation de fermer les fenêtres après 23h si diffusion de musique.
- Campagne « Lyon la Nuit, mais pas trop fort » :
- Affiches et flyers distribués aux établissements et clients.
- Signalement simplifié des nuisances via une appli dédiée.
- Subventions pour l’isolation :
- Aides financières pour les bars installant des cloisons phoniques ou des vitrines anti-bruit.
Impact :
- Réduction de 40 % des plaintes en 2 ans (source : Ville de Lyon, 2024).
- 90 % des établissements respectent les horaires (contre 60 % avant l’arrêté).
2. Bordeaux, France
Problème : Bruit dans le quartier Saint-Pierre (cœur historique) et sur les quais.
Mesures mises en place :
- Arrêté « Tranquillité publique » (2023) :
- Fermeture des terrasses à 00h30 (au lieu de 2h).
- Interdiction des enceintes en extérieur après 22h.
- Patrouilles nocturnes :
- Brigades municipales pour vérifier les niveaux sonores (avec sonomètres).
- Avertissements puis amendes (jusqu’à 750 €).
- Partenariat avec les écoles hôtelières :
- Formation des futurs gérants à la gestion du bruit.
Impact :
- Réduction de 30 % des infractions en 1 an (source : Ville de Bordeaux, 2024).
- Meilleure image touristique (moins de plaintes sur les plateformes comme TripAdvisor).
3. Amsterdam, Pays-Bas (+ Rotterdam et Utrecht)
Problème : Quartier de De Pijp (très touristique) saturé de bars et nuisances jusqu’à 4h du matin.
Mesures mises en place :
- Limitation des licences pour les bars :
- Gel des nouvelles licences dans les zones saturées depuis 2019.
- Fermeture obligatoire à 1h (au lieu de 4h) pour les nouveaux établissements.
- Maire de la Nuit :
- Médiateur dédié pour concilier vie nocturne et tranquillité.
- Organisation de réunions trimestrielles avec riverains et commerçants.
- Zones « silencieuses » :
- Création de rues sans terrasses près des écoles et hôpitaux.
- Amendes immédiates (jusqu’à 5 000 €) pour dépassement sonore.
Impact :
- Baisse de 50 % des nuisances dans De Pijp (source : Municipality of Amsterdam, 2023).
- Modèle reproduit à Rotterdam et Utrecht.
4. Barcelone, Espagne
Problème : Quartier El Born envahi par les touristes et les bars ouverts jusqu’à 6h du matin.
Mesures mises en place :
- Ordonnance civique (2020) :
- Interdiction des terrasses après 1h dans le centre historique.
- Limitation à 70 dB(A) en terrasse (contrôles par des brigades anti-bruit).
- Amendes jusqu’à 3 000 € pour les contrevenants.
- Campagne « Barcelona, Ciutat Tranquila » :
- Sensibilisation des touristes via des panneaux multilingues.
- Application mobile pour signaler les nuisances en temps réel.
- Subventions pour l’insonorisation :
- Aides aux bars pour installer des portes anti-bruit ou des systèmes de diffusion sonore directionnelle.
Impact :
- Réduction de 60 % des plaintes en 3 ans (source : Mairie de Barcelone, 2023).
- Augmentation de la satisfaction des riverains (enquête : +35 %).
5. Berlin, Allemagne
Problème : Quartiers comme Kreuzberg et Neukölln connus pour leur vie nocturne bruyante.
Mesures mises en place :
- « Lärmaktionsplan » (Plan d’action contre le bruit, 2021) :
- Zones de tranquillité autour des logements (interdiction des terrasses à moins de 50 m).
- Heures de fermeture anticipées : 22h en semaine, minuit le week-end.
- Collaboration avec les clubs :
- Chartes de bonne conduite pour les boîtes de nuit (ex. : Berghain, KitKatClub).
- Isolation obligatoire des salles de concert (subventions publiques).
- Système de plainte en ligne :
- Plateforme « Lärmmelder » pour signaler les nuisances, avec réponse sous 48h.
Impact :
- Baisse de 45 % des dépassements sonores (source : Sénat de Berlin, 2023).
- Modèle cité en exemple par l’UE pour les villes festives.
7. Copenhague, Danemark (+ Malmö, Suède)
Problème : Quartier Vesterbro et sa rue Istedgade, réputés pour les bars et le bruit.
Mesures mises en place :
- Stratégie « Nightlife without Noise » (2020) :
- Limitation à 55 dB(A) pour les terrasses.
- Fermeture à 2h (au lieu de 5h) pour les bars non isolés.
- Design urbain :
- Rues piétonnes avec revêtements absorbants (ex. : pavés en caoutchouc).
- Végétalisation pour atténuer le bruit (murs végétaux, arbres).
- Collaboration avec les festivals :
- Horaires décalés pour les événements en plein air (fin à 22h en semaine).
Impact :
- Baisse de 50 % des nuisances (source : Municipality of Copenhagen, 2023).
- Modèle exporté à Malmö (Suède).
Voir également:
– Le sommeil : enjeu de santé publique majeur
– Nos propositions de mesures pour réduire l’impact de la pollution sonore récréative
– Notre synthèse de l’étude SOMNIBRUIT
– Note de synthèse – Conseil National du Bruit : Bruit récréatif extérieur nocturne – Loi-cadre pour la pollution sonore environnementale – Dr Bertrand Lukacs – APVS (Décembre 2025)
Dans une zone aussi densément peuplée que l’Île-de-France, les multiples sources de bruits nocturnes sont liées à l’importance des trafics routiers, ferroviaires et aériens mais aussi de l’essor récent des activités récréatives nocturnes (terrasses notamment) dans Paris Intra-muros.
Cette étude met en lumière un problème de santé publique en Île-de-France où le bruit nocturne affecte durablement le sommeil (réduction des phases de sommeil profond ) et augmente donc les risques de fatigue chronique et de problèmes cardiovasculaires.
L’étude SOMNIBRUIT a analysé l’impact du bruit nocturne sur le sommeil des franciliens en s’appuyant sur des données de remboursement de médicaments hypnotiques et des mesures de pollution sonore dans 432 communes et les 20 arrondissements de Paris.
1. Les principales conclusions de l’étude SOMNIBRUIT sont alarmantes :
Les résultats suggèrent une corrélation claire, dans la zone dense francilienne, entre l’exposition au bruit nocturne et la consommation de médicaments hypnotiques (somnifères). En Île-de-France, 65,4 ‰ habitants, soit un taux particulièrement élevé, prennent des médicaments contre les troubles chroniques du sommeil.
A chaque augmentation, du niveau d’exposition de bruit nocturne, de 5 décibels est associée à une augmentation du taux de patients traités pour troubles du sommeil. Les associations les plus fortes sont le bruit routier (augmentation de 1,0 ‰) suivi de près du bruit récréatif (augmentation de 0,8 ‰).
2. Le bruit récréatif est la première cause des plaintes pour pollution sonore dans Paris intra-muros :
Le bruit routier constitue la nuisance sonore la plus préoccupante en zone dense francilienne sachant que 75 % des Franciliens (soit environ 8 millions de personnes) sont exposés la nuit à des niveaux sonores dépassant les 45 dB recommandés par l’OMS entre 22 h et 6 h. En quelques années, le bruit récréatif est devenu la première cause des plaintes pour pollution sonore dans Paris intra-muros.
En page 32 du rapport il est écrit que le bruit récréatif est une spécificité de la ville de Paris qui « présente une surreprésentation de ce type d’activités, en concentrant 53,8 % des établissements considérés sur l’ensemble de l’île de France, alors que Paris ne représente que 20,7 % de la population. Dans la capitale, le taux d’établissements est 14,58‰ habitants et même de 75,8‰ sur le 1er arrondissement ce qui est très élevé en comparaison avec les autres communes de la zone d’étude. On notera que ce taux est de 5,6 ‰ pour l’ensemble de la zone dense francilienne et de 3,3 ‰ sur le territoire de la zone dense en excluant Paris »
Il est écrit en page 16 du rapport que « le bruit récréatif (principalement issu des voix et de la musique) se manifeste surtout en soirée (18h-22h) et en début de nuit (22h-02h), les terrasses permanentes restant ouvertes jusqu’à 2h du matin et les terrasses estivales jusqu’à 22 h (de 2021 à 2024) ou 23 h (en 2025), tandis que le bruit des clients peut se prolonger dans la rue après la fermeture des établissements. Une étude, menée par Bruitparif en 2022 dans le quartier des Halles–Beaubourg–Montorgueil, a montré que le bruit récréatif augmente au fil de la soirée, atteignant un pic vers minuit, puis diminue progressivement à mesure que les clients quittent les lieux. » Selon l’étude, le bruit récréatif pourrait être particulièrement nuisible au sommeil car il se caractérise par une forte variabilité avec une alternance de moments relativement calmes et d’éclats très bruyants.
Toutefois son déploiement récent (sortie du COVID) explique que l’impact sanitaire et social du bruit récréatif n’a pas fait l’objet d’une méthodologie de modélisation acoustique reconnue contrairement au bruit des transports. D’ailleurs, il n’a pas encore a été établi tant pour le bruit récréatif que pour le bruit cumulé, de valeur limite réglementaire par la France .
3. Les valeurs limites s – Lden (*) et Ln « Lnight stipulées par la règlementation française et l’OMS en termesde nuisances sonores :
Au sens de la directive européenne 2002/49/CE, des valeurs limites sont définies – Lden et Ln « Lnight » – par chaque état membre, dont le dépassement amène les autorités compétentes à envisager ou à faire appliquer des mesures de réduction du bruit ; Les valeurs limites varient notamment en fonction du type de bruit (bruit du trafic routier, ferroviaire ou aérien, etc.)
Les valeurs limites fixées par la France, dans les zones résidentielles, en application de la directive européenne sont les suivantes :

Dans son rapport publié en octobre 2018 concernant le bruit dans l’environnement, l’OMS (**) recommande fortement l’exposition au bruit des transports en dessous des niveaux mentionnés dans le tableau suivant :

(*) Décomposition de Lden
– **L** : Niveau sonore moyen (en décibels, dB(A)).
– **d** : *Day* (jour, de 6h à 18h).
– **e** : *Evening* (soirée, de 18h à 22h).
– **n** : *Night* (nuit, de 22h à 6h).
(**) Il n’ y a pas encore de recommandations par l’OMS en ce qui concerne le bruit récréatif
En page 30 de l’étude, il est proposé une modélisation du bruit nocturne (Ln) lié à la seule vie récréative. Sur la base des hypothèses retenues pour la constitution du modèle, le bruit nocturne moyen, émis par m² de terrasse, peut être considéré comme une valeur plancher du bruit perçu à proximité d’une terrasse.

Si l’on considère les seuls bruits de voix (soit une bande de fréquence comprise entre 500 Hz et 2 KHz) le bruit nocturne émis par les terrasses, notamment en période estivale, serait supérieur à la recommandation de l’OMS de 45 dB(A) pour le bruit routier, ou il serait compris entre 58.6 dB5(A) et 65.8 dB(A) entre 22h00 et 6h00.
4. La régulation des bruits festifs récréatifs dans les autres pays européens* :
Dans la grande majorité des pays européens, on retrouve une régulation à deux niveaux des bruits récréatifs, notamment nocturnes, via :
- La règlementation nationale qui définit le cadre commun (indices, seuils, zonage de base, obligations d’action).
- La possibilité donnée aux villes ou aux régions d’aller plus loin dans la régulation via la création de zones calmes ou des restrictions spécifiques sur la vie nocturne là où les limites sont dépassées.
A titre indicatif, il est repris ci-dessous les seuils fixés par la loi pour les zones résidentielles dans les différents pays européens. On soulignera la grande convergence d’un seuil règlementaire en dessous de 50 dBA passé 22h00.

Conclusion
L’étude SOMNIBRUIT souligne que le bruit récréatif, bien que moins étudié que le bruit des transports, aggrave les troubles du sommeil dans les zones urbaines denses. Sa régulation par une réglementation nationale et des politiques de lutte sur le plan municipal et/ou régional sera essentielle pour améliorer la qualité de vie des Franciliens et plus particulièrement des Parisiens.
* Extrait de Bruit récréatif extérieur nocturne – Loi-cadre pour la pollution sonore environnementale – Docteur Bertrand Lukacs – APVS (Décembre 2025)
L’étude SOMNIBRUIT :




